Parmi les sigles du neuf, la RE2020 est celui qu’on cite le plus et qu’on explique le moins. Résultat : on entend tout et son contraire, du « facture divisée par deux » aux « normes qui compliquent tout ». La vérité est plus simple, et plus intéressante.
Ce que la RE2020 demande aux constructeurs
Une réglementation, c’est un jeu de seuils à ne pas dépasser. Pour la RE2020, ils portent sur quatre grandes familles de mesures :
- Le besoin en chaleur et en froid du bâtiment (Bbio) : un bâtiment bien orienté, bien isolé, avec de bonnes fenêtres a moins besoin de chauffage. Pour les logements, l’exigence est renforcée d’environ 30 % par rapport à la réglementation précédente (RT2012).
- La consommation d’énergie (Cep et Cep,nr) : l’énergie nécessaire au chauffage, à l’eau chaude, à la ventilation, à l’éclairage, avec une attention particulière à l’énergie non renouvelable.
- L’impact carbone : de l’énergie utilisée (Ic énergie) et de la construction elle-même (Ic construction), c’est-à-dire des matériaux et du chantier.
- Le confort d’été (degrés-heures) : un indicateur qui mesure combien d’heures le logement dépasse un seuil de chaleur. Plus il est bas, plus le logement reste vivable en cas de canicule.
Un calendrier qui se resserre
La RE2020 est conçue pour devenir plus exigeante par paliers : 2022-2024, 2025-2027, 2028-2030, puis 2031. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les seuils d’impact carbone de la construction ont été abaissés (de l’ordre de 15 % pour tous les types de bâtiments), et l’exigence sur l’impact carbone de l’énergie des logements collectifs a été renforcée de près de 50 %. Les seuils de consommation d’énergie et de confort d’été, eux, ne changent pas sur toute la période.
Traduction : un logement livré aujourd’hui est le fruit de règles déjà strictes, et il respecte des seuils qui se durcissent peu à peu. Cela ne dit pas que chaque programme est parfait, seulement qu’il a franchi un barème précis.
Et pour mon porte-monnaie ?
Un logement neuf est conçu pour consommer peu d’énergie, et à ce titre ses factures de chauffage sont en général nettement plus faibles que celles d’un logement ancien mal isolé. Mais soyons précis : aucun chiffre sérieux ne peut être promis à l’avance. L’écart dépend du logement (étage, orientation), de son mode de chauffage, de la température à laquelle vous le chauffez, du nombre d’occupants et du prix de l’énergie.
Les promesses du type « facture divisée par deux » ou « zéro chauffage ». Elles ne sont pas fondées sur votre logement, et elles n’engagent personne. Fiez-vous plutôt au DPE du programme et à son mode de chauffage.
Cinq questions à poser sur un programme
- Quel est le mode de chauffage et de production d’eau chaude ?
Individuel ou collectif, pompe à chaleur, réseau de chaleur… cela change la facture et l’entretien.
- Comment le logement est-il protégé de la chaleur en été ?
Volets, protections solaires, logement traversant, balcon qui fait de l’ombre : le confort d’été se joue sur ces détails.
- Quelle est l’orientation de mon logement ?
Plein sud, c’est lumineux l’hiver et chaud l’été. Orientation Nord, c’est l’inverse. Aucune n’est mauvaise, il faut simplement choisir en connaissance de cause.
- Comment est assurée la ventilation ?
Dans un logement bien isolé, la ventilation est indispensable : demandez comment elle fonctionne, et qui l’entretient.
- Peut-on voir la performance énergétique du programme ?
Demandez au promoteur les éléments qu’il a sur la performance énergétique de l’immeuble. S’il hésite, c’est aussi une information.
Notre conseil
Comparez toujours à usage égal : même surface, même nombre d’occupants, même température. C’est la seule façon de ne pas se laisser éblouir par un chiffre isolé.
Pour comparer avec un logement ancien que vous envisagez, voyez notre guide sur le vrai coût de l’ancien avec travaux.
Information générale, rédigée pour vous aider à comprendre : elle ne remplace ni l’avis de votre notaire, ni l’offre de votre banque, ni les conditions de votre contrat. Les règles, les montants et les plafonds évoluent : vérifiez-les à la date de votre achat.
Sources consultées
- DREAL Occitanie — La RE2020 (présentation, ministère de la Transition écologique) — objectifs, indicateurs, Bbio de -30 % par rapport à la RT2012, application au 1er janvier 2022
- Fédération Française du Bâtiment — RE2020 : de nouveaux seuils depuis le 1er janvier 2025 — durcissement des seuils d’impact carbone au 1er janvier 2025